Communiqué : Marché publicitaire : soutien aux radios privées commerciales
L’Association Les Locales (CNRA et SNRL), représentant les radios associatives françaises, exprime son plein soutien aux radios privées commerciales face aux demandes répétées d’assouplissement de la réglementation publicitaire formulées par plusieurs chaînes de télévision.
La récente condamnation d’une enseigne de hard-discount pour diffusion de publicités promotionnelles à la télévision a servi de prétexte à une nouvelle offensive en faveur d’une dérégulation du cadre publicitaire. Cet épisode révèle surtout une tension ancienne : certains acteurs audiovisuels souhaitent étendre leurs marges de manœuvre, au risque de fragiliser davantage un écosystème médiatique déjà sous pression.
Depuis des années, tous les médias français subissent une concurrence profondément déséquilibrée de la part des plateformes numériques et des géants internationaux. Ces acteurs captent l’essentiel de l’attention, des audiences et des revenus publicitaires, sans être soumis aux mêmes obligations réglementaires, fiscales ou culturelles que les médias nationaux.
Parallèlement, plusieurs secteurs économiques ont déjà obtenu des ouvertures publicitaires à la télévision, notamment la distribution hors promotion, le cinéma ou l’édition littéraire, autrefois réservées à la radio ou à la presse écrite. Chaque assouplissement a renforcé la concentration des ressources publicitaires au profit de quelques acteurs dominants, au détriment de la pluralité des médias et de l’équilibre des marchés.
Une nouvelle dérégulation accentuerait encore cette concentration et fragiliserait en priorité les acteurs les plus exposés : la presse écrite, les radios privées et, tout particulièrement, les radios locales et régionales indépendantes de catégorie B. Implantées dans les territoires, éloignées des grands groupes intégrés, ces radios n’ont ni les moyens financiers ni les relais industriels pour absorber un nouveau choc économique sans conséquences lourdes sur l’emploi, la qualité des programmes notamment d’information et le lien avec les publics locaux.
Cette fragilisation serait d’autant plus préoccupante que le secteur radiophonique traverse déjà une crise structurelle et doit affronter des défis industriels majeurs, au premier rang desquels la transition vers le DAB+.
Les radios associatives, même si elles ne sont pas directement concernées par ces évolutions réglementaires, ne peuvent rester spectatrices d’un affaiblissement progressif du paysage radiophonique. Les Locales tiennent à affirmer leur solidarité avec les radios privées indépendantes dans la défense d’un modèle fondé sur la diversité, le pluralisme et l’équilibre économique des médias français.
